Bouvier: l’écrivain voyageur qui met du rêve dans ton automne

Nicolas Bouvier et moi, c’est un peu une longue histoire d’amour (à sens unique). La première fois que j’ai mis la main sur un de ses bouquins, j’avais 14 ans et ma belle-mère m’a prêté son exemplaire de Chroniques Japonaises pour nourrir ma passion du Japon. À l’époque, j’ai lu tout le livre d’une traite, compris la moitié et retenu un quart du livre. Mais c’était pas un problème: ma passion pour cet écrivain était lancée.

Nicolas Bouvier est un écrivain suisse né en 1929 et mort en 1998. Mais avant d’être un écrivain, cet homme est déjà un style de vie à lui-même: né dans une famille lettrée et artiste, il se barre pour la première fois de la maison à 17 ans (bon il va pas plus loin que la Bourgogne mais c’est déjà ça). Le mec étudie le sanskrit parmi d’autres trucs et ça c’est quand même grave cool. Il devient rapidement journaliste et commence à voyager un peu partout, et puis finalement il décide de faire un petit Venise-Istanbul avec son copain Thierry Vernet qui en plus dessine très bien.

 

Le mec est plutôt BG en plus on va bien se l’avouer

Et puis ils se disent que c’est pas assez donc ils se barrent de nouveau, de Belgrade à Kaboul cette fois. Notons qu’on est en 1953, que le contexte géopolitique est pas du tout le même, et qu’ils ont une petit fiat toute pourrave et pas internet. Et c’est ça qui est super cool: ce voyage permettra à Nicolas Bouvier d’écrire son livre-phare, L’Usage du Monde, qui nous transporte de pays en pays, de communautés en communautés, et laisse une odeur et des couleurs imprimés dans notre imaginaire comme si on y était aussi.

Pour ajouter à son aspect BG, Nicolas se prend d’amour pour un pays que personne ne kiffe trop à l’époque: le Japon. Notre homme y fait quelques voyages plus ou moins longs avant de s’y installer avec sa femme, et il raconte merveilleusement bien le charme et les difficultés de ce pays. C’est un très bon moyen de s’y sentir transporté, avec l’avantage que son écriture est fluide, poétique, et surtout qu’il décrit un Japon effacé, celui de la fin du XXe siècle.

« Nous avions deux ans devant nous et de l’argent pour quatre mois. Le programme était vague, mais dans de pareilles affaires, l’essentiel est de partir.(….) On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. »

Nicolas Bouvier, maintenant, c’est un peu LA référence en matière d’écrivains voyageurs. Et qui n’a pas envie de voyager quand l’automne arrive et que Paris devient tout gris?

 

Pour aller plus loin ♡ 

L'Usage du monde, 1963, Payot poche, 1992 

Chronique japonaise, 1975, éditions Payot, 1989 

Le Poisson-scorpion, 1982, éditions Gallimard, Folio, 1996 

Le Dehors et le Dedans, éditions Zoé, Genève, 1998

Le Vide et le plein (Carnets du Japon, 1964-1970), éditions Hoëbeke 2004 

Il faudra repartir, Voyages inédits, éditions Payot, 2012

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Léna, c'est moi! Une parisienne de 23 ans, en reprise d'études. J'ai décidé de me fixer un challenge: en un an, régler mes vieilles blessures et commencer à m'épanouir dans le monde de la mode!

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